Le mot du maire

2022 est une année de reprise progressive des activités associatives, et l’on ne peut que se réjouir du retour d’une véritable et dynamique vie sociale, caractéristique de notre village.

L’ouverture d’un nouveau commerce en mars, complétée par une activité « bistro » depuis fin juin, et qui vient en complément des commerces existants, est un signe très positif pour Ban-de-Laveline.

Mais nous sommes dans une période faite d’incertitudes, des incertitudes qui dépassent le cadre de nos frontières et se généralisent. 

Les communes, les départements, les régions, et bien sûr les entreprises et les ménages les subissent de plein fouet : inflation notamment sur l’énergie et l’alimentation, tension et pénurie d’approvisionnement dans des secteurs de plus en plus nombreux, allongement des délais de livraison, etc.

Les conséquences de cette situation se font très fortement sentir, ce qui nous incite, à l’échelle de la commune, à la plus grande prudence budgétaire.

C’est pourquoi les investissements non essentiels sont gelés pour l’année 2022.

D’un côté, les ressources financières des communes diminuent ou sont incertaines :

  • Baisse des revenus forestiers depuis 3 années consécutives ; nous n’avons quasiment pas vendu de bois depuis 2018 du fait de la baisse des cours du bois, alors que les revenus forestiers (en moyenne 160 000 euros par an) constituaient le socle de notre capacité d’investissement. La sécheresse et les dégâts causés par le scolyte ne font qu’aggraver la situation. La récente remontée des cours, encore fragile, ne permet pas de rattraper le manque-à-gagner des années précédentes 
  • Stagnation des dotations de l’Etat, après des années de baisse 
  • Incertitudes sur les leviers fiscaux du fait de la disparition de la taxe d’habitation ; cette mesure est certes une bonne nouvelle pour les habitants, mais nous ne savons que très peu de choses sur la compensation promise aux communes par l’Etat
  • Choix de ne pas augmenter l’impôt sur le foncier bâti du fait de l’inflation qui impacte les ménages

D’un autre côté, des coûts en forte augmentation :

  • Augmentation des coûts des énergies : chauffage des bâtiments, carburants
  • Augmentation des coûts liés à l’éclairage public (à cet égard, la décision d’éteindre l’éclairage de nuit entre 23h et 5h permet de limiter cet impact)
  • Augmentation des fournitures de voirie (enrobés, aqueducs, travaux de réfection des routes)
  • Augmentation de tous les coûts d’entretien des bâtiments

Pour ces raisons, la plus stricte discipline budgétaire est impérative.

Il est indispensable de conserver les capacités financières nécessaires à assurer les coûts de fonctionnement de la commune (notamment l’école) et certains investissements impératifs (rénovation de routes, comme cette année à Marimont et à Québrux).

Les nombreux investissements prévus ne sont pas annulés, mais reportés.

Par exemple, les grands travaux de rénovation du Centre du village, qui avaient été présentés en réunion publique à la salle des fêtes en janvier 2020, sont toujours d’actualité, mais ne pourront pas débuter à la date prévue. Nous envisageons de lancer l’appel d’offres de sélection du maître d’œuvre à l’automne 2022 et de constituer les dossiers de demande de subventions début 2023.

D’autres projets d’investissement sont en discussion : rénovation du sol du gymnase, installation de nouveaux agrès au parcours de santé, réflexion sur des aménagements routiers, lieu de stockage du matériel roulant, etc.

Le mandat précédent avait été marqué par de nombreux investissements : aire de jeux, rénovation de la salle des fêtes, du bâtiment de la mairie et de celui de la Poste, routes et ponts. Le mandat actuel se trouve, comme dans toutes les communes, freiné par les crises successives. Mais la détermination des élus du conseil municipal reste sans faille et nous engagerons les investissements prévus dès que le contexte sera plus favorable.

Vous êtes certainement étonnés du ton de ce mot du maire, qui, contrairement à mon tempérament et à mon habitude, ne semble pas très optimiste. Il est simplement réaliste, car la situation économique impose un sérieux budgétaire et une rigueur sans faille.

Pour finir sur une note plus positive, je peux vous annoncer que nous connaîtrons à la rentrée une année record en nombre d’inscriptions de nouveaux élèves en petite section de maternelle, gage de renouveau démographique.

Je note également la grande vitalité du marché immobilier : les maisons et les terrains se vendent très rapidement, les demandes de permis de construire se multiplient, de nombreux travaux de rénovation des habitations se réalisent, et nous avons chaque jour de nouvelles demandes de renseignements d’éventuels futurs habitants. Preuve que, comme le disait souvent mon prédécesseur Gérard NOEL, « il fait bon vivre à Ban-de-Laveline » !

Sincèrement à vous,

Stéphane DEMANGE

Maire de Ban-de-Laveline
Conseiller Départemental des Vosges

(Juillet 2022)